OSCE : quatrième année de guerre menée par la Russie contre l'Ukraine
Vienne, 24.02.2026 — Discours du président en exercice de l’OSCE, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, devant le Conseil permanent de l’OSCE sur la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine – Seul le texte prononcé fait foi
Monsieur le Secrétaire général,
Excellences,
Quatre années se sont écoulées depuis le début de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.
En ce jour, nous pensons d’abord aux victimes — à celles et ceux qui ont perdu la vie, à leurs familles et à tous ceux qui continuent de souffrir.
La Suisse a condamné cette guerre avec clarté. Elle demeure profondément attachée au respect du droit international et aux principes qui fondent notre sécurité commune.
En tant que Président de l’OSCE, je me suis rendu récemment à Kyiv et à Moscou, accompagné du Secrétaire général Feridun Sinirlioğlu.
À Kyiv, nous avons constaté de première main les conditions dramatiques dans lesquelles vit la population civile. Cela n’est pas acceptable. Le droit international doit être respecté.
À Moscou, j’ai rappelé que la responsabilité de chaque État participant est de respecter les principes d’Helsinki. Les hostilités doivent cesser. Les trois membres du personnel de l’OSCE — Vadym Golda, Maksym Petrov et Dmytro Shabanov — doivent être immédiatement libérés.
Dans les deux capitales, nous avons présenté des propositions concrètes pour l’utilisation des instruments de l’OSCE : surveillance d’un cessez-le-feu, appui électoral et dialogue sur la sécurité fondé sur les principes d’Helsinki.
L’OSCE doit anticiper — et se tenir prête — à accompagner toute initiative diplomatique sérieuse ouvrant un chemin vers la paix.
Les récentes discussions tripartites à Genève montrent qu’un espace de dialogue existe. Il nous appartient d’être prêts à soutenir toute avancée concrète.
Excellences,
L’OSCE a été conçue comme un lieu de dialogue entre adversaires — non comme un club d’États partageant les mêmes vues.
En temps de guerre plus encore, ce dialogue doit rester réel. Il ne peut se réduire à deux monologues parallèles.
Telle est l’ambition de la présidence suisse : défendre les principes d’Helsinki et préserver cette plateforme unique de dialogue inclusif.
Face au retour des logiques de puissance, nous ne devons pas marginaliser notre organisation ; nous devons la rendre opérationnelle et utile, en y apportant les réformes et le courage nécessaires.
La paix exige anticipation et détermination.
Il nous appartient, collectivement, de faire de l’OSCE un instrument crédible au service de la paix et de la sécurité en Europe.
Je vous remercie.
